L’Étrangère qui a perdu ses yeux dans le sable, Florence Miroux

Léa est née d’une mère sans souvenirs et d’un père dont elle n’a qu’une image. Guidée par la main d’Amin, elle part sur les traces des absents qui hantent les phrases inachevées de sa mère. D’un Paris amnésique aux confins du désert, Léa démêle les fils de la grande et de la petite histoire. L’Algérie entre dans sa vie par la mer. Dans un pays où le soleil brûle les yeux qui ne veulent pas voir la honte, elle découvre les blessures réfugiées dans le cœur des hommes, sur la terre des sacrifiés aux mains noires, baignée dans les eaux de la folie et de l'oubli.

L’écriture de Florence Miroux ouvre avec pudeur les cicatrices d’une mémoire meurtrie en 1961. À travers le prisme du sentiment amoureux, l’auteur explore la part silencieuse d’hommes et de femmes aux origines mêlées dans le poids des secrets.

J’ai accroché la photo au-dessus du canapé du salon, et depuis, le soir, je suis des yeux les pleins et les déliés du sable qui se sert de la lumière pour imiter la trace de l’eau. J’y puise une énergie vitale, j’y bois comme à une source de départ. J’imagine que je me couvre de ce sable et le fais glisser sur ma peau. Le sable ruisselle sur moi et s’écoule en même temps que je sens ma mémoire se dilater, doucement, grain après grain. Mon corps est un sablier qui n’en finit pas de se remplir. Je suis fille des terres arides. Touaregs, Sahraouis ou Djermas, je n’ai pas encore choisi ma famille. Comme dans les contes, je laisse des traces de mon passage. Strasbourg – Saint-Denis, Réaumur – Sébastopol, Étienne Marcel. Les stations défilent. Les portes du wagon s’ouvrent.

Florence Miroux est historienne de formation, spécialisée dans l’histoire des relations internationales. Dans le cadre de ses missions professionnelles, elle a développé une approche des projets techniques et environnementaux à l’interface des sciences humaines et des sciences dures. L’Étrangère qui a perdu ses yeux dans le sable est son premier roman.

Le travail d’écriture est d’abord pour moi une exploration, un voyage en terres inconnues. C’est une tentative de mettre à nu les fils invisibles qui relient les êtres entre eux et avec leur environnement. En cela, l’écriture agit comme un révélateur d’une nouvelle forme de connaissance.

Florence Miroux

  • - Parution le 31 octobre 2013
  • - 240 pages
  • - Format 14,5 x 19
  • - Livre broché
  • - Maquette et couverture : Christian Kirk-Jensen
  • ISBN : 9-782954-120140

Pour la publication de L’Étrangère qui a perdu ses yeux dans le sable, les éditions Bleu pétrole organisent une rencontre avec l’auteur au Centre Culturel Algérien le 7 novembre 2013. Afin de faire de cet événement l’occasion d’un échange de points de vue artistiques, nous souhaitons diffuser des courts métrages sur l’Algérie, afin d’envisager l’histoire de ce pays par le biais du travail de différents artistes. Envoyez-nous vos films avant le 30 septembre 2013 ! Toutes les informations relatives à cet appel à film sont ici.