Historique

2013

Les textes présélectionnés lors du concours organisé en 2013 sont, par ordre alphabétique par rapport au nom de l'auteur :

  • Chinoiserie, Guillaume Couty
  • Sexe, mensonge et idéaux, Patrice Javat
  • Ange gardien, Marie Rennard
  • Cas soc', Gauthier Steyer

Nous avons le plaisir de vous annoncer que le lauréat, qui sera publié en début d'année 2015, est Gauthier Steyer !

Affiche 2013

Cas soc', Gauthier Steyer

À cette époque, on m’avait déjà enlevé à la vie de ma mère pour des raisons que je comprenais pas trop, vu que sans moi il lui restait pas grand-chose.

Du haut de ses onze ans, le narrateur, le gosse de l’assistance, l’enfant maltraité, le cas soc’, nous raconte son histoire : mère fière et aimante ou égoïste et inconsciente, éducateurs de l’assistance sociale ou voleurs d’enfants, famille d’accueil ou péquenots campagnards, unité de soin en pédopsychiatrie ou asile de gosses paumés : ce n’est qu’affaire de point de vue.

J’ai passé la journée dans les bureaux de l’aide sociale à me faire questionner par des professionnelles qui décideraient de mon sort. C’était pourtant pas compliqué. Je voulais retourner chez moi, chez ma mère, dans mon quartier. Je comprenais pas pourquoi on me demandait mon avis si c’était pour jamais en tenir compte.

Toujours en cavale, il veut retrouver son HLM à « La Marmite », où « tout est macadamisé », où les bagnoles crament, où « y’a une ambiance du tonnerre ». Parce que l’affection maternelle, imaginaire ou réelle, est son point de repère.

Gauthier Steyer aborde dans ce roman la question épineuse des quartiers sensibles. Comment s’approprier les décisions des adultes lorsque la famille et la société se contredisent ? La langue, approximative, use de néologismes naïfs et découd les formules toutes faites des adultes pour traduire une sincérité enfantine drôle et dérangeante : dans cette histoire bancale, souvent cruelle, il n’existe que des demi-vérités.

Félicitations aux auteurs présélectionnés, dont les textes très prometteurs ont retenu notre plus grande attention.

Et un grand merci aux 944 écrivains qui nous ont envoyé leurs manuscrits de par le monde !



2012

Les textes présélectionnés parmi les 550 manuscrits reçus lors du concours organisé en 2012 sont :

  • Requiem pour un cafard, Sonia Guillemet
  • L'Étrangère qui a perdu ses yeux dans le sable, Florence Miroux
  • Les Sibériques, Laurine Roux

Parce que nos cœurs n'ont cessé de balancer, deux co-lauréates se sont partagées le podium : Sonia Guillemet et Florence Miroux ont toutes les deux été publiées en 2013.

Sonia Guillemet © Jérome Nguy

Sonia Guillemet - © Jérome Nguy

Sonia Guillemet, avec son Requiem pour un cafard, du punch dans la prose et de la suite dans les idées, raconte la jeunesse cafardeuse. Son Léonard, dur à cuire très fleur bleue, perd tout ce qu'il a, tout ce qu'il aime, et même ce qu'il n'aime pas. Des jobs sans envergure, des apparts miteux, jusqu’à la clochardisation... l'aventure de Léonard est celle d’une jeunesse vulnérable qui côtoie la marge en quête de sens. Pour le pire peut-être, mais aussi pour le meilleur !

Avec un sens de l’humour évident, Sonia Guillemet n'hésite pas à balancer quelques uppercuts pour nous entraîner dans des chemins de traverse faits de sensations exacerbées.

Pour en savoir plus, c'est ici !



Florence Miroux

Florence Miroux

Florence Miroux, avec L’Étrangère qui a perdu ses yeux dans le sable, ouvre avec pudeur et délicatesse les cicatrices de l’histoire. Léa imagine qu’elle est une princesse berbère, arabe ou djerma, une fille de sang- mêlé aux origines mystérieuses. Née d’une mère sans souvenirs et d’un père dont elle n’a qu’une image, elle s’invente et se cherche. Éprise d’Amin, emprise d’un besoin d’ailleurs viscéral, elle part, aveuglément. D’un Paris amnésique à un petit village niché dans les montagnes aux confins du désert saharien, elle démêle les fils de la petite et de la grande histoire.

Florence Miroux explore la mémoire franco-algérienne, intime ou collective ; les secrets, d’État ou de famille.

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Laurine Roux a reçu le 2e prix, une résidence d'écriture au Château de Lourmarin, pour son texte Les Sibériques, un récit d'apprentissage et d'abandon mené avec une grande douceur poétique dans une taïga à la croisée du réel et de l'imaginaire.

Je regardais Igor, face à la mer. Son corps, pas plus solide qu'une tige, oscillait avec les bourrasques. Le voir se fondre ainsi avec l'air, la terre et la mer me rendait légère. J'étais là. Simplement là. Et mon existence n'avait pas plus d'importance que celle du nuage ou de la bécasse. Nous étions tous de passage. Le corps tout entier d'Igor nous disait ça. Nous sommes simplement de passage.

Les Sibériques, Laurine Roux



2011

Les textes présélectionnés pour la première édition du concours de Bleu pétrole sont :

  • États mixtes sur papier, Florie Adda
  • Apparences communes, Arthur Cahn
  • Michigan Avenue et autres nouvelles, Marc Pondruel

La lauréate du concours, sélectionnée par notre jury pour inaugurer la collection de livres de Bleu pétrole, est Florie Adda, publiée en mai 2012.

Florie Adda - © William Laboury

Florie Adda - © William Laboury

États mixtes sur papier interroge, à travers la narration d’une jeune femme borderline, notre rapport à la fiction, à l’imagination. Carnet de croquis et d'écrits, le témoignage romancé de F. est celui d'une droguée de peinture, de cinéma, de nicotine, mais surtout de sensations. Entre séjours en hôpital psychiatrique et séances de dessin aux Beaux Arts, Florie Adda, avec beaucoup d'honnêteté et de générosité, dit les errances psychiques et physiques, explore les symptômes, raconte l'écoute soignante, pour tracer les contours de ses obsessions.

Pour en savoir plus, c'est ici !



Remise des prix 2011

© William Laboury

Merci encore à tous ceux qui nous ont permis de passer une belle soirée de remise des prix ; à Jon Malkin qui nous a envoûtés le temps d'un concert, à Jone pour sa belle performance de peinture calquée sur le rythme des lectures, aux cinq comédiens qui ont prêté leurs voix aux textes : François Labarthe, Mathias Minne, Florian Maubert, Juliette Vaucousan et Lise Werckmeister.

Photographies de la soirée de remise des prix © William Laboury