Le 1er décembre 2013

La librairie Le Monte en l'air (Paris 20e) fête la rencontre du rock et de la littérature !

Le 1er décembre, la librairie Le Monte en l'air (Paris 20e) fête la rencontre du rock et de la littérature !

Photos © Arthur Gouté

Le dimanche 1er décembre, à partir de 16h, la librairie Le Monte en l'air (Paris, 20e) met du punch dans la prose ! "Musiciens ou simplement mélomanes, certains écrivains ont le rock dans la plume" ... Une table ronde animée par Aurélien Monnet.

Sonia Guillemet et les Some Smoking Guys défendront corps (endiablé) et âme (damnée) Requiem pour un cafard, mais il y aura aussi Gérard Berréby (directeur fondateur des éditions Allia), les éditions Antidata et leurs auteurs (Olivier Martinelli, Stéphane Le Carre, Stéphane Monnot, Jean-Luc Manet, Christophe Ernault), les éditions Buchet Chastel et leurs plumes acérées (Jean-Luc Manet, Olivier Martinelli et Stéphane Le Carre), et les éditions Libertalia avec Nicolas Norrito !

“Les premiers accords de guitare ont rugi dans l’église comme des frissons de fièvre. Puis la voix du chanteur s’est jointe à la cohorte, reprise en chœur par l’écho des voûtes. On se serait cru dans le cœur d’un éclair. Après un temps d’hésitation, le prêtre a repris dans un bégaiement, tentant de couvrir la musique :

« Veuillez nous excuser, notre église rencontre visiblement un problème d’ordre... »

Je ne l’ai pas laissé finir. Euphorique, j’ai poussé le volume de la chaîne au maximum. Le prêtre a tenté de hausser la voix, mais seuls les sourds auraient pu l’entendre.

« Du calme ! » disaient ses lèvres. « Born to be wild ! » lui gueulait l’écho. Les hauts-parleurs crachaient leurs tripes. Ils n’étaient pas très puissants, mais suffisamment pour rendre impossible la moindre intervention. Satisfait, je contemplais mon œuvre.

Le prêtre, autrefois si digne dans sa toge blanche immaculée, gesticulait en tous sens, hurlant des ordres au vent, lançant des regards paniqués aux idoles qui s’en foutaient divinement. La fille de Robert s’était levée, aboyant sur son mari en pointant un doigt meurtrier sur le cercueil de sa mère, pourtant déjà bien trépassée sans son aide. L’agitation avait gagné la foule. Je pouvais voir les murmures se répandre de lèvres en lèvres comme une nuée d’oies sauvages. Plus un seul des petits vieux n’était assis. Certains hurlaient pour se faire entendre. D’autres regardaient autour d’eux à la recherche de la source de cette soudaine cacophonie. Pour- tant, seule m’importait la silhouette paisible de Robert. Au sein de ce chaos bouillonnant, son cœur semblait retrouver un peu de chaleur. Leurs larmes dignes et leur silence tranquille, que les bigots se les mettent où ça leur chante. Enfin Robert pouvait finir sa vie comme elle l’avait menée, un flot bruyant, une course intrépide, juste elle-même, juste libre.”

Requiem pour un cafard, Sonia Guillemet

Informations pratiques :